Colères agricoles : un malaise persistant et multiforme
Parue en novembre 2024, une enquête de F. Purseigle (Ensat) et P.-H. Bono (IEP de Paris) éclaire le mécontentement à l’origine des mobilisations de l’hiver 2023-2024. Les réponses de 1 258 agriculteurs à un questionnaire font apparaître trois motifs : le « ras-le-bol » des normes et de l’administratif (49 % des réponses) ; la dénonciation d’un « abandon » par l’État (37 %) ; la revendication d’une « juste rémunération » (12 %). Les auteurs relient ces classes de discours à plusieurs profils (figure) : « conservateurs identitaires et agrariens » demandeurs d’une « reconnaissance sociale » (32 %) ; « écologistes socio-altermondialistes » revendiquant leur contribution à la transformation de l’agriculture (34 %) ; « libéraux pro-européens et conservateurs floués », se positionnant comme des entrepreneurs (32 %). Sur le même sujet, signalons deux articles (l’un dans Esprit, l’autre pour La vie des idées), ainsi qu’une conférence d’E. Lynch sur les protestations agricoles.

Source : CEVIPOF


