Bien-être animal et objectifs de développement durable

Le but de cet article, publié en octobre dans Frontiers in Veterinary Science, est de vérifier la compatibilité entre les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies et le bien-être animal. Un groupe de 12 experts, provenant de 8 pays différents et ayant une forte expérience dans le domaine du bien-être animal et en agronomie ou médecine vétérinaire, a travaillé sur les relations entre ces deux thématiques. Un double score a été attribué pour chacun des 17 ODD, prenant en compte, d’une part, l’effet de l’atteinte d’un objectif donné sur l’augmentation du bien-être animal, et d’autre part, à l’inverse, la contribution de l’amélioration du bien-être animal à l’accomplissement de l’ODD. Dans les deux cas, une échelle de – 3 (effet très négatif) à + 3 (effet très positif) est utilisée, et tous les types d’animaux sont considérés (de rente, de compagnie, de laboratoire, faune sauvage).

Des scores attribués par les participants émerge un large consensus : ils n’ont trouvé aucune corrélation négative entre ODD et bien-être animal (figure ci-dessous). Cependant, sauf dans les cas des objectifs portant sur l’éradication de la pauvreté (n°1), la lutte contre la faim (n°2) et l’accès à la santé (n°3), les experts ont considéré que l’accomplissement de l’ODD améliorait de façon plus importante le bien-être animal que l’amélioration du bien-être animal ne permettait l’atteinte de l’objectif.

Corrélations entre les ODD et le bien-être animal

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Source : Frontiers in Veterinary Science

Lecture : le bien-être animal participe à l’atteinte de l’ODD 2 (SDG 2 en anglais) avec un score proche de 2 (triangle vert). Ce même ODD permet une amélioration du bien-être animal avec un score proche de 1 (losange bleu).

Le double score du lien entre les deux items est le plus important pour l’objectif portant sur la consommation responsable (12), et les auteurs l’illustrent par trois éléments. L’utilisation raisonnée des antibiotiques suppose des bonnes conditions d’élevage (welfare) et réduit les risques d’antibiorésistance. Nourrir les ruminants avec des aliments non utilisés pour l’alimentation humaine diminue la concurrence entre ces deux types de consommation. Limiter la consommation de produits d’origine animale et augmenter le consentement à payer au « vrai prix » l’alimentation donnent la possibilité aux agriculteurs d’améliorer le bien-être animal et de réduire les conséquences négatives pour l’environnement.

Franck Bourdy, Centre d’études et de prospective

Source : Frontiers in Veterinary Science

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