La désindustrialisation et la désagricolisation de la société française amplifient la métropolisation

La métropolisation de la société française, dans un contexte de désindustrialisation, modifie les dynamiques territoriales d’emploi. Les évolutions constatées au cours de la décennie écoulée, et leurs impacts sur les métiers, devraient s’amplifier d’ici 2022, selon l’analyse que vient de publier France Stratégie. Croisant les évolutions démographiques, les dynamiques sectorielles et la prospective des métiers et des qualifications à 2022, l’étude met en évidence les défis auxquels seront confrontées les zones rurales dans la décennie à venir.

Alors que la concentration des emplois en zones urbaines bénéficiait, jusqu’en 2000, à l’ensemble des villes (notamment aux petites et moyennes), on assiste depuis à une évolution divergente, aggravée depuis la crise de 2008 : les aires urbaines de moins de 100 000 habitants perdent régulièrement des emplois, alors que les créations se concentrent dans la douzaine de pôles urbains de plus de 500 000 habitants.

Taux de croissance annuel moyen de l’emploi en fonction du taux d’urbanisation

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Source : France Stratégie

Par ailleurs, ces évolutions globales masquent des dynamiques à l’œuvre en termes de types d’emplois et de métiers, qui pourraient encore amplifier les contrastes territoriaux : les métiers de l’agriculture et de l’agroalimentaire, concentrés dans les zones peu urbanisées (voir sur ce thème une note de l’Insee), sont attendus en recul dans les prochaines années. À l’inverse, les postes de cadres, les métiers du numérique, des soins aux personnes, de l’hôtellerie sont en fort développement et particulièrement représentés dans les grands pôles urbains. Dans ce contexte, les zones rurales perdent en attractivité et l’accès aux services devient plus difficile, comme l’illustre le choix de certains agriculteurs d’habiter en ville et non plus sur leur exploitation.

L’analyse pointe également le fait que les métropoles les plus attractives et dynamiques sont celles du grand quart sud-ouest, combinant les activités cognitives (technologies, recherche, industries de pointe) et présentielles (liées aux populations et au tourisme). L’effet d’entraînement des métropoles sur leur périphérie doit toutefois être mieux étudié.

Évolution de l’emploi des 25-54 ans entre 2006 et 2013, par aire urbaine

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Source : France Stratégie

Enfin, l’auteur s’interroge sur les dynamiques à plus long terme et notamment sur l’impact du numérique sur l’organisation spatiale du travail, permettant d’entrevoir des pistes d’action publique en faveur des zones actuellement à l’écart des dynamiques métropolitaines.

Muriel Mahé, Centre d’études et de prospective

Source : France Stratégie

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