Royaume-Uni : premier bilan global de la sécurité alimentaire

Le DEFRA (Department of Environment, Food and Rural Affairs) a publié le 10 août 2009 le rapport  UK Food Security Assessment, qui se présente comme le premier bilan d’ensemble de la sécurité alimentaire du Royaume-Uni. La sécurité alimentaire n’est pas seulement la disponibilité de produits alimentaires à un prix abordable, cette notion comprend aussi d’autres dimensions comme la qualité de l’alimentation, la résilience du système alimentaire (capacité à faire face à des chocs externes ou internes) ou encore la durabilité de ce système.

Celui-ci permet une analyse des forces et faiblesses du système alimentaire britannique. Un « tableau de bord » permet de visualiser en un coup d’œil les indicateurs choisis et la position actuelle du pays, de même qu’une comparaison avec sa position passée (milieu des années 1990) et une estimation de sa position future (dans 5-10 ans). Ces indicateurs sont regroupées en six grandes catégories :

– pour ce qui est de la disponibilité de l’alimentation au niveau mondial, les indicateurs sont plutôt au vert, sauf pour ce qui est de l’état des stocks par rapport aux niveaux de consommation, et des montants investis dans la recherche agronomique. Cependant, dans les 5 à 10 ans à venir, la situation est supposée se dégrader, du fait d’une volatilité et d’un niveau plus élevé des prix agricoles.

– en ce qui concerne la disponibilité au niveau national, les indicateurs font état de progrès : les deux tiers de ce qui est consommé au RU est produit sur place, 20% proviennent des autres pays européens, et la diversité des approvisionnements permet de faire face à des ruptures éventuelles. Même la capacité du RU à faire face à un scénario d’isolement ne semble pas poser de problème ni aujourd’hui, ni à l’avenir.

– la chaîne de production alimentaire britannique fonctionne de manière efficace et dégage des profits, cependant elle est encore assez vulnérable à une hausse du prix de l’énergie.

– la sécurité sanitaire des produits est globalement assurée.

– plus original, une poignée d’indicateurs tentent de mesurer la sécurité alimentaire des ménages modestes ou pauvres : part de leur revenu consacré à l’alimentation, prix relatifs des fruits et légumes par rapport aux autres produits, accès aux magasins d’alimentation et opinion des ménages sur leur propre situation. Ces indicateurs sont stables ou montrent une amélioration, la période 2007/2008 mise à part.

– en revanche, les indicateurs décrivant l’état des ressources mondiales sont d’ores et déjà à l’orange ou au rouge et risquent encore de se dégrader : la productivité de l’eau, notamment, est un défi majeur à relever dans un contexte de changement climatique. Le bilan met aussi l’accent sur l’épuisement des stocks de pêche et la nécessité de développer l’aquaculture de manière durable.

Ces indicateurs sont largement documentés dans un rapport plus « technique » et leur évolution fera l’objet d’un suivi qui permettra de réagir rapidement en cas de détérioration brutale (approche risk management). Il permettra aussi de mesurer les progrès accomplis.

La sortie du rapport s’est accompagnée du lancement d’un forum de discussion sur l’avenir du système alimentaire britannique à l’horizon 2030, auquel sont invités à participer toutes les parties prenantes et surtout les citoyens britanniques. Le feedback attendu sur les documents présentés (s’y ajoute un rapport sur la politique menée depuis un an) doit aider le gouvernement à définir sa stratégie alimentaire, qui fera l’objet d’un rapport d’ici la fin de l’année.

 

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