Colloque sur la perte de biodiversité et la vulnérabilité sanitaire des systèmes de production – Chaire de développement durable de Sciences Po & Anses

Le 25 juin 2014 s’est tenu un colloque placé sous le double timbre de l’Anses et de la chaire de « développement durable » de Sciences Po. Cette manifestation était axée sur la perte de biodiversité et la vulnérabilité sanitaire des systèmes de production, problématique mondiale qui découle, au moins pour partie, d’interventions humaines. En effet, la recherche d’amélioration de la productivité alimentaire a conduit à la sélection d’espèces de production, animales ou végétales, plus performantes. Le développement des espèces sélectionnées a, en revanche, mené à une raréfaction d’espèces peut-être moins productives mais probablement plus robustes.

Deux exposés ont plus particulièrement retenu notre attention. Muriel Tichit (Inra), a décrit le dispositif d’adaptation du potentiel génétique des espèces animales et végétales, pour accroître leur production, mis en place dans le cadre de la modernisation de l’agriculture. L’homogénéisation qui en a résulté a conduit à une limitation de la diversité des espèces utilisées, ainsi qu’à un mode de production fortement consommateur d’intrants. Le rôle positif de la diversité biologique dans l’adaptabilité au milieu a ainsi été mis en avant, en citant notamment les mécanismes de complémentarité et d’interconnexion entre pôle animal et pôle végétal.

Jean-François Guéguan (IRD) a, quant à lui, montré comment une augmentation de la biodiversité animale, qu’il s’agisse d’animaux sauvages ou domestiques, peut être un facteur limitant de diffusion de maladies. Il a ainsi été constaté, dans le cas de deux zoonoses cycliques vectorielles (maladie de Lyme et fièvre de West Nile), une diminution de l’incidence dès lors qu’il y avait une multiplicité d’espèces animales susceptibles de jouer le rôle d’hôte intermédiaire. Ce fait donne à penser qu’une plus grande biodiversité accroît la probabilité que, parmi les hôtes intermédiaires, figurent des espèces qui ont une fonction de « cul-de-sac épidémiologique », ce qui conduirait alors à une baisse de la virulence.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Lien : Anses

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