Opportunités de développement de la production de fruits tropicaux en Europe

La demande européenne en fruits tropicaux ne cesse de croître, grevant la balance commerciale, et le changement climatique redistribue les aires propices à leur production. Dans ce contexte, le service études de la Rabobank a publié en septembre 2026 un rapport sur les opportunités et les défis du développement de la production de fruits tropicaux en Europe.

La consommation européenne totale en fruits et légumes stagne, mais la demande en fruits exotiques est particulièrement dynamique, tirée avant tout par la consommation de bananes (plus de 45 grammes par jour et par personne en 2025), d’avocats, d’ananas et de mangues (figure). 90 % des fruits tropicaux consommés en Europe sont importés de pays tiers, lesquels sont de plus en plus confrontés à des vagues de chaleur extrêmes et à la diminution voire la raréfaction des ressources en eau, du fait du changement climatique.

Consommation apparente de fruits tropicaux en Europe (hors bananes)

Source : Rabobank
Lecture : la consommation apparente est calculée par bilan (production + importations – exportations – variation des stocks).

D’après les auteurs, des opportunités existeraient pour des productions en Europe. En effet, la hausse des températures et la diminution des jours de gel accroissent la période de végétation favorable à ces cultures. Certaines conditions sont déjà réunies dans des zones du sud (ex. microclimats côtiers du sud de l’Espagne) (figure). Selon les projections à l’horizon 2050, les conditions thermiques du pourtour méditerranéen et de la façade atlantique seront de plus en plus favorables à ces cultures à l’intérieur des terres, y compris dans le sud et le sud-ouest de la France. Alors que les espèces cultivées traditionnellement en Europe subissent de plus en plus de chocs météorologiques, cette redistribution offrirait aux producteurs des opportunités de diversification.

Zones propices à la production de fruits tropicaux : dans les conditions climatiques actuelles (à gauche), et selon des projections à l’horizon 2050 (à droite)

Source : Rabobank
Lecture : pour chaque zone, l’indicateur est calculé à partir du cumul de degré-jours et de la fréquence des épisodes de froid, de gel et de chaleur extrême.

Sans se substituer aux importations de fruits tropicaux les plus compétitives, ces nouvelles productions européennes viendraient les compléter en se positionnant sur des segments différenciés, notamment du point de vue de la qualité et de la fraîcheur. Les auteurs pointent aussi les enjeux de construction de nouvelles chaînes commerciales et logistiques, mais surtout ceux liés à la gestion des ressources en eau, dans des zones déjà de plus en plus soumises à la sécheresse.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective

Source : Rabobank – RaboResearch