Comment enrayer l’augmentation des incendies en Europe ?
Un article paru en juillet 2026 dans Global Change Biology fait une projection de l’évolution, à l’horizon 2100, des surfaces brûlées en Europe. Plusieurs scénarios climatiques et socio-économiques (densité de population, usage des sols, etc.) sont étudiés. Dans un scénario de faibles émissions, la hausse resterait contenue sur la majeure partie du continent, malgré de fortes augmentations locales, en moyenne montagne ou en Europe centrale par exemple. Dans un scénario de fortes émissions, les surfaces brûlées pourraient aller jusqu’à tripler, y compris dans des régions aujourd’hui peu exposées comme les Pays-Bas et la Scandinavie.
Les auteurs soulignent le rôle déterminant de la prévention et de la lutte contre les incendies, qui pourraient réduire les surfaces brûlées de 72 à 92 % (figure). Toutefois, dans un scénario combinant fortes émissions et impacts plus sévères du changement climatique, les moyens manqueraient pour déployer ces mesures. Elles ne suffiraient plus à compenser l’aggravation des conditions météorologiques et un cercle vicieux s’enclencherait. Avec le niveau d’investissement actuel, les surfaces brûlées progresseraient sur 55 % du territoire européen, ce qui montre les limites de l’action humaine directe face aux incendies.
Évolution des surfaces brûlées annuelles (en millions d’hectares) de 2000 à 2100, dans deux scénarios climatiques
Source : Global Change Biology
Lecture : le scénario SSP1-2.6 (A) implique une baisse des émissions et un développement économique qui se poursuit. Dans le scénario SSP3-7.0 (B), le changement climatique est peu atténué, avec des effets délétères sur les sociétés humaines. À noter que les échelles de l’axe des ordonnées sont différentes dans les deux figures. La ligne bleue (BASE, du nom du modèle de feux employé) correspond à l’évolution prévue par le scénario SSP étudié. La ligne noire (BASE + constant HDI) correspond à ce même scénario, avec un maintien du niveau d’investissement en matière de lutte et de prévention des incendies, identique à celui de l’an 2000. L’écart croissant entre les deux lignes, sur la période, montre qu’à effort constant, les surfaces brûlées augmenteraient. SPITFIRE correspond à un autre modèle de simulation des incendies, plus pessimiste.
La forte densité de population et l’abandon de terres agricoles, également étudiés, favoriseraient les incendies à l’échelle régionale, mais de manière secondaire par rapport aux facteurs météorologiques et aux efforts de lutte.
Miguel Rivière, Centre d’études et de prospective
Source : Global Change Biology
