Budget de la future PAC : tenir compte de la « valeur ajoutée pour l’Europe »
Dans un article de la revue Studies in Agricultural Economics paru en juillet 2026, l’économiste A. Matthews analyse les débats sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) post-2027. Il présente d’abord les facteurs ayant fragilisé la PAC antérieure et conduit la Commission à sa proposition de « Vision pour l’agriculture et l’alimentation » en février 2025 : concentration des systèmes de production et iniquité des aides, transformation de la société rurale, hétérogénéité croissante des structures agricoles et des priorités nationales au sein de l’UE à 27 suite aux élargissements, chocs géopolitiques et accroissement de la pression budgétaire, exigences réglementaires liées à l’environnement perçues par les agriculteurs comme des charges administratives et financières supplémentaires n’apportant pas de véritable contrepartie économique, etc.
La proposition de la Commission cherche à combiner quatre objectifs légitimant l’intervention publique : la sécurité alimentaire et la résilience, la transition environnementale, la cohésion territoriale, la compétitivité. L’auteur estime que certains de ces objectifs entrent en tension, voire sont inconciliables dans le cadre des pressions budgétaires et géopolitiques actuelles : c’est le cas de la sécurité alimentaire et de la transition environnementale. Il propose d’utiliser le critère de « valeur ajoutée européenne » pour prioriser les orientations de financements. Selon lui, la valeur ajoutée serait maximale pour le traitement des externalités environnementales transfrontalières, la gestion des crises et le soutien à la recherche et à l’innovation (figure).
Analyse des objectifs de la PAC au regard de la valeur ajoutée européenne
Source : Studies in Agricultural Economics
L’auteur souligne que la priorisation des objectifs sera difficile en raison de la flexibilité accrue accordée aux États membres dans la nouvelle architecture budgétaire et de gouvernance proposée par la Commission.
Julie Blanchot, Centre d’études et de prospective
Source : Studies in Agricultural Economics
