Une stratégie britannique pour l’agriculture et l’alimentation d’ici à 2050

Le Defra, ministère britannique de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales, a publié en juin 2026 sa feuille de route pour les deux prochaines décennies. Le document rappelle les défis auxquels le secteur agricole fait face (transitions économique, environnementale, technologique et de sécurité alimentaire), ainsi que les résultats d’une consultation menée auprès du monde agricole. Il expose une « vision partagée » de l’agriculture en 2050, comportant quatre objectifs : rentabilité, productivité, durabilité et résilience (figure).

Les quatre objectifs du Defra pour le secteur agricole du Royaume-Uni à l’horizon 2050
Source : Defra

Les actions à mener se déclinent en trois axes. Le premier vise à renforcer la performance économique des exploitations. Il prévoit d’étendre à de nouvelles filières (œufs, produits frais) la régulation des négociations commerciales en place dans d’autres, afin de garantir des prix équitables aux producteurs. Il envisage aussi de coconstruire des plans de croissance sectoriels avec les filières. Le deuxième axe porte sur la transition environnementale (sols, eau, air, biodiversité, bien-être animal). Il planifie un renforcement de la réglementation sur certains aspects, comme une réduction de 12 % de la pollution azotée et phosphorée dans les milieux aquatiques d’ici à 2030 par rapport à 2018. Les financements incitatifs publics soutenant actuellement certaines pratiques ont vocation à disparaître une fois celles-ci devenues la norme, ou à être remplacés par des obligations règlementaires (ex. couverts végétaux, bandes tampons). Le troisième axe concerne la résilience des exploitations aux chocs climatiques et de marché. Il mise notamment sur la diversification des revenus, la modernisation des services publics dédiés aux agriculteurs et la rémunération des services environnementaux.

Miguel Rivière, Centre d’études et de prospective

Source : Defra