Enjeux de la diversification des sources de protéines dans l’Union européenne

Un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement, publié en juin 2026, s’intéresse aux avantages que l’Union européenne (UE) pourrait tirer de la diversification des sources de protéines. Il mentionne des bénéfices sur les plans environnemental, économique, social et sanitaire, ainsi qu’un intérêt en matière d’indépendance stratégique. Sur ce dernier point, il souligne la forte dépendance de l’UE aux importations d’aliments riches en protéines pour l’alimentation du bétail (figure). Le changement climatique devrait augmenter les risques liés à cette dépendance (variabilité de la production, volatilité des prix sur les marchés, etc.), d’où l’importance de diversifier l’offre protéique à destination des consommateurs, en misant notamment sur la culture de légumineuses comme source complémentaire aux protéines animales. Elle offrirait, dans l’immédiat, la plus grande plus-value environnementale par rapport aux autres alternatives protéiques (insectes, fermentation, viande cultivée). Le rapport insiste sur la nécessité d’une stratégie de long terme, fixant des objectifs clairs et intégrant toutes les parties prenantes, afin que les bénéfices dépassent les risques liés à la transformation du système agricole (pression accrue sur les ressources, investissements coûteux, réticence des consommateurs, etc.). Cette stratégie pourrait viser un remplacement progressif des élevages intensifs sans provoquer de rupture brutale, afin de rééquilibrer la production de protéines entre sources végétales et animales.

Demande et utilisation de certains ingrédients riches en protéines (soja, colza, tournesol), destinés à l’alimentation du bétail de l’UE, en 2025
Source : Agence européenne pour l’environnement
Lecture : parmi les 27,3 millions de tonnes (Mt) d’aliments à base de soja consommés par le bétail européen, 1 Mt est produit et transformé dans l’UE, 9,3 Mt sont transformés dans l’UE à partir de soja importé et 17 Mt sont transformés dans des pays tiers et importés.

Émeline Lévêque, stagiaire au Centre d’études et de prospective

Source : Agence européenne pour l’environnement