Optimiser les paramètres des assurances récoltes indicielles : une alternative aux assurances traditionnelles

Dans un article de l’American Journal of Agricultural Economics de mars 2026, des chercheurs de l’université de Canterbury (Nouvelle-Zélande) examinent l’efficacité des contrats d’assurance récolte indicielle contre le gel. Contrairement à l’assurance récolte classique, basée sur les pertes effectivement subies par l’agriculteur et qui nécessite une évaluation coûteuse en cas de sinistre, l’assurance indicielle (ou « paramétrique ») repose sur deux paramètres distincts. Le premier est un indice spécifique public et observable, comme la température minimale mesurée sur une zone, qui sert de substitut à la mesure des dommages réels. Si l’indice atteint ou dépasse un seuil prédéfini (valeur de déclenchement), l’indemnité est versée automatiquement. Ne nécessitant pas d’audit des pertes, ce fonctionnement réduit les coûts de transaction, ce qui permet de proposer des contrats plus abordables. Le second paramètre correspond au niveau d’indemnité, soit le montant prédéterminé versé à l’assuré si la valeur de déclenchement est atteinte.

Alors que les études sur l’assurance indicielle considèrent habituellement la valeur de déclenchement comme une donnée fixe imposée par l’assureur, cet article modélise l’effet sur l’utilité (au sens économique) procurée par les contrats lorsque l’un de ces paramètres (valeur de déclenchement et niveau d’indemnité), ou les deux, sont déterminés par l’assureur, l’assuré ou par négociation. La modélisation, réalisée sur le gel dans cet article mais qui est transposable aux autres types de risques (inondations, sécheresses, etc.), montre qu’offrir davantage de flexibilité contractuelle en laissant les agriculteurs déterminer simultanément les deux paramètres augmente l’utilité espérée et favorise l’adoption de ces produits.

Les auteurs ajoutent que cette approche flexible est bénéfique pour les deux parties : la satisfaction des agriculteurs s’améliore sans pénaliser l’assureur. Les agriculteurs ayant des niveaux de tolérance au risque différents peuvent en effet ajuster le contrat à leurs besoins spécifiques, ce qui rend l’assurance plus attractive. Les assureurs voient alors mécaniquement le taux de souscription augmenter, palliant le problème de la faible adoption des assurances récoltes traditionnelles.

Enfin, la modélisation montre que contrairement à l’assurance classique, l’assurance indicielle permet à l’assureur d’espérer réaliser des profits, même en situation de concurrence parfaite.

Julie Blanchot, Centre d’études et de prospective

Source : American Journal of Agricultural Economics