La déconsommation des fruits et légumes frais : facteurs d’évolution et leviers d’action
Un rapport du CTIFL étudie le recul des achats de fruits et légumes frais en France. Entre 2014 et 2024, les quantités achetées par les ménages ont diminué de 13 % pour les fruits et de 9 % pour les légumes. Cette baisse est socialement différenciée. Les plus de 60 ans pèsent pour plus de 40 % des achats, alors qu’ils représentent 28 % de la population (voir un précédent bulletin). À l’inverse, les moins de 35 ans sans enfant sont nettement « sous-acheteurs ». Le prix joue, notamment pour les ménages modestes, mais l’inflation récente n’explique pas tout. Le rapport évoque les transformations des modes de vie : ménages plus petits, repas moins souvent pris en famille, simplification de l’assiette, moindre temps consacré à la cuisine. Préparer des produits bruts pour une ou deux personnes paraît de plus en plus être un effort disproportionné. Ils sont ainsi concurrencés par des plats préparés, et par les surgelés et les conserves qui offrent des alternatives jugées plus pratiques que le frais. Selon un scénario tendanciel, les volumes d’achat pourraient encore reculer de 15 % d’ici à 2035. Le rapport mentionne plusieurs leviers pour les professionnels : conditionnements adaptés aux petits ménages, produits plus frais au moment de l’achat, communication et éducation au goût, mise en avant de la saveur des produits, de leur maturité, et d’usages culinaires simples.
Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective
Source : Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL)
