Le rôle agronomique des vers de terre

Un article publié en juin 2023 dans Advances in Agronomy fait une revue de littérature sur le rôle des vers de terre en agronomie.

Les auteurs rappellent d’abord que ces animaux contribuent à fournir plusieurs services écosystémiques, notamment pour la production primaire agricole. Ils consomment, fragmentent, mélangent ou transportent des matières organiques (ex. résidus végétaux) ou inorganiques (ex. particules du sol), et ce de manières différentes selon les espèces. Ces dernières sont généralement classées en trois grandes catégories écologiques, en fonction de leurs comportements alimentaires et de leurs manières de creuser. Les épigés se situent dans les premiers centimètres du sol ou dans la matière organique en décomposition à la surface ; ils creusent peu de galeries. Les endogés forment des terriers non permanents sans orientation particulière. Enfin, les anéciques vivent dans des galeries verticales connectées à la surface du sol.

Les effets des vers de terre sont ensuite appréciés sous plusieurs aspects (figure ci-dessous). Leur rôle dans la structure du sol et leurs interactions avec les micro-organismes ont des conséquences sur le cycle biogéochimique du carbone et des nutriments. Ils ont donc un impact aussi bien sur la croissance des plantes que sur le bilan des émissions de gaz à effet de serre du sol, ou encore sur le potentiel de remédiation des sols pollués.

Les effets agronomiques des vers de terre

Source : Advances in Agronomy

À titre d’exemple, les moulages (déjections) des espèces endogées possèdent une capacité de rétention d’eau plus importante que le sol environnant, augmentant la disponibilité de cette ressource pour les plantes. Les vers de terre peuvent également favoriser l’assainissement des sols agricoles où une grande variété de polluants sont détectés (pesticides, hydrocarbures, microplastiques, etc.). Ainsi, certains symbiotes intestinaux d’une espèce endogée facilitent la dégradation de l’atrazine (herbicide).

En conclusion, les auteurs formulent des propositions pour gérer la présence et l’effet des vers de terre dans les sols arables. Ils évoquent dix pistes de recherche sur leur rôle en agriculture, parmi lesquelles la mesure et le suivi de la bioturbation (modification de la structure du sol en raison de l’activité des vers de terre), à l’échelle de la parcelle.

Johann Grémont, Centre d’études et de prospective

Source :  Advances in Agronomy